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Senegal-Pass
Passerelle
culturelle entre
le Sénégal
et la France.
Ismaël Lô entre images et sons


Sa palette de talents n’en finit pas de nous étonner. Né au Niger, il a grandi près de Dakar mais sa renommée est aujourd’hui internationale.
Faites plus ample connaissance avec cet exceptionnel artiste dans l’interview qu’il a accordée à Sénégal Pass...



Sénégal Pass : Qu’est ce qui alimente votre créativité ?

Ismaël Lô :
D’être justement entouré de ma famille et de mes amis qui me suivent partout. Quand je suis seul, c’est très difficile, je ne suis pas créatif. Vous savez, l’Afrique, c’est ça, c’est la famille. Je ne peux écrire que lorsque les gens que j’aime sont près de moi.


Sénégal Pass : On dit de vous que vous êtes le Bob Dylan africain. Comment percevez-vous cette comparaison ?

Ismaël Lô : Très flatteur, être comparé à lui ne peut être qu’un compliment, sachant que l’on avait commencé à le faire dès les premières années de ma carrière. Ce que je crois avoir de commun avec lui, c’est la guitare, la voix et des textes engagés. Qui sait ? On pourrait peut-être faire un disque ensemble. Et si moi, je suis le Bob Dylan africain, lui est certainement le Ismaël Lô américain.


Sénégal Pass : L’harmonica et la guitare sont vos deux instruments fétiches. Qu’est ce qui vous a attiré dans ces instruments ?

Ismaël Lô : J’ai toujours eu envie de jouer de la guitare, mais j’ai débuté dans la musique en jouant de la batterie. Je l’avais fabriquée moi-même à l’aide de bidons et de bois pour les pédales. Par la suite, je me suis essayé à fabriquer une guitare monocorde, puis j’ai appris à jouer de la guitare à 3 cordes, puis à 6 cordes. La guitare est mon instrument favori. L’harmonica était plutôt un jouet, plein de symboles, parce c’est mon père qui me l’avait offert. Au fil du temps, c’est devenu un complice qui ne me quitte plus. Il me rappelle des souvenirs qui remontent à mon enfance.


Sénégal Pass : Pourquoi avez-vous attendu 5 ans avant de sortir votre dernier album « Sénégal » ?

Ismaël Lô : Le monde de la musique a beaucoup évolué : au début, lorsque des albums sortaient au Sénégal, on mettait six chansons sur une cassette en collaboration avec deux ou trois chanteurs. Maintenant, on produit treize à quatorze titres et il faut davantage de travail pour réaliser un album de qualité. J’ai voulu laisser le temps au temps pour laisser mûrir mes chansons. On me l’a beaucoup reproché, mais ce n’était pas prémédité, c’est venu comme ça : il faut parfois savoir s’arrêter. J’avais déjà passé huit ans sans faire d’album ; cette fois-ci cinq ans, donc peut être que le prochain sortira dans deux ou trois ans !


Sénégal Pass : Pourquoi le Sénégal comme titre ?

Ismaël Lô : C’est une manière de rendre hommage à un pays qui m’a donné la foi, qui m’a toujours applaudi et encouragé dans ma carrière


Sénégal Pass : Quels sont les thèmes que vous abordez dans cet album ?

Ismaël Lô : Beaucoup de choses : Manko parle de la démocratie et rappelle aux ‘politiciens qu'ils ne doivent pas oublier ceux qui les ont élus’, Taar dousey dénonce les mariages opportunistes, Yaye Boye est un hommage aux Mères, Joola est un hommage aux victimes du naufrage du Bateau le Joola, et Baykat fait l’éloge des agriculteurs sénégalais…des thèmes qui me tiennent à cœur.


Sénégal Pass : La peinture est l’une de vos passions et la pochette de l’album Sénégal est tirée d’une de vos toiles. Avec un emploi du temps aussi chargé que le vôtre, où trouvez-vous le temps pour peindre ?

Ismaël Lô : La toile de fond de la pochette de Sénégal est effectivement un de mes tableaux. Je continue de peindre. Se consacrer à la peinture demande du temps et je n’en ai pas beaucoup à cause de mes différents déplacements, mais il m’arrive d’emporter mon matériel avec moi.


Sénégal Pass : Où puisez-vous l’inspiration pour réaliser vos peintures ?

Ismaël Lô : Comme pour la musique, mon environnement m’inspire. Auparavant je peignais beaucoup les paysages et d’autres formes, maintenant, je fais de l’abstrait. La musique véhicule un message, des sentiments… mais en peinture, le message est beaucoup plus profond.


Sénégal Pass : Vous avez joué dans plusieurs films comme "Thiaroye" de Sembène Ousmane, "Afrique mon Afrique" d'Idrissa Ouédraogo et "Tableau Ferraille" de Moussa Sène Absa. Le titre Tajabone a été repris notamment dans la bande originale du film « Tout sur ma mère » de Pedro Almodovar. Le cinéma et vous c’est une grande histoire d’amour ?

Ismaël Lô : Je suis effectivement très cinéphile, j’adore regarder les films et tout ce qui touche le monde du Cinéma m’intéresse. J’ai eu la chance de travailler comme acteur avec de grands Réalisateurs africains. Je me suis senti très épanoui au cours des tournages et je me verrais bien devenir comédien si mon envie de jouer de la musique venait un jour à disparaître, ce qui n’est pas encore le cas.


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