Fils de pêcheur, né en 1923 à Ziguinchor en Casamance, Ousmane Sembène, fervent défenseur de la liberté et de la justice sociale a amené l'Afrique à comprendre son identité et à se construire un horizon culturel.
Une œuvre riche Celui qui fut un des auteurs les plus influents d’Afrique écrit son premier livre en 1956 «Le Docker noir» qui relate son expérience sur le port de Marseille où il avait débarqué clandestinement en 1946. Parmi ses romans, son œuvre littéraire maîtresse demeurera «Les Bouts de bois de Dieu» qui relate la grève des cheminots du Dakar-Niger en 1947. Cet ouvrage figure aujourd’hui dans de nombreux programmes scolaires d’Afrique de l’Ouest dont celui du Sénégal.
Conscient que l'image est plus accessible que l’écriture, Ousmane Sembène étudie le 7ème Art à l’Institut de Moscou et signe en 1963 son premier court-métrage «Borom sarret», mais c’est en 1968 que naît son chef d’œuvre cinématographique «Mandabi» qui met en valeur toutes ses qualités de conteur, de griot, et pour lequel il reçoit le prix de la critique internationale au Festival de Venise.
Un homme engagé Ousmane Sembène considéré comme le Père du cinéma africain est celui par qui les images d’Afrique sont arrivées en Europe. Cet éveilleur de conscience, cet homme engagé, utilise le «cinéma forain» comme il aime à dire, pour éduquer les africains en allant de village en village. «Pour moi, le cinéma est un enseignement permanent», confiait-il à Cannes en 2005, «une sorte d’école du soir, d’école de soi». Il en fait donc un cinéma pédagogique où il dénonce tour à tour le parasitisme social, la corruption, la confrontation entre la modernité africaine et les vieilles croyances, l’exploitation des femmes par les hommes. Il est militant averti jusque dans son dernier film «Moolaadé», véritable réquisitoire contre l’excision.
Face à ce cinéma, la censure ne l’a pas épargné notamment au Sénégal pour «Ceddo» en 1979 et en France pour « Camp de Thiaroye » en 1988 qui par ailleurs a été récompensé par le prix spécial du jury au Festival de Venise.
Pour l’ensemble de son œuvre, André Parant (Ambassadeur de France au Sénégal) lui a remis, le 9 novembre 2006, les insignes d'Officier de la Légion d’Honneur de la République Française.
« L’aîné des anciens » du cinéma africain, le griot voyageur et citoyen du continent noir a fini par poser ses valises à Dakar où il est décédé le 9 juin 2007 à 84 ans.
Bibliographie
1956 : Le Docker noir
1957 : Ô pays, mon beau peuple
1960 : Les Bouts de bois de Dieu
1962 : Voltaïque
1964 : L'Harmattan
1965 : Le Mandat
1973 : Xala
1981 : Le Dernier de l'Empire
1987 : Niiwam, suivi de Taaw
2000 : Vehi-Ciosane, ou Blanche- Genèse, suivi du Mandat