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La Danse Sénégalaise


La danse, un art de vivre

La diversité des danses en Afrique répond à la multiplicité des ethnies, des croyances et des cultures. Chaque danse s'appuie sur une gestuelle, une rythmique différente, pour exprimer des choses aussi essentielles que le sens de la vie. Elles sont indissociables de la vie quotidienne et occupent une place majeure dans la vie sociale des villages.

Il existe des danses originales pour tous les événements. Elles sont utilisées pour raconter, communiquer, fêter… pour vivre, tout simplement ! On peut alors différencier les aspects sacrés et profanes de la danse. Les danses sacrées, qui prennent souvent la forme de transes, suivent des rituels précis et ne sont accessibles qu’aux initiés. Elles se déroulent lors de cérémonies et sont fixées par le calendrier. Les danses populaires sont accessibles à tous. Elles développent la créativité des danseurs et, grâce à l’improvisation, leur offrent une grande liberté d’expression.

Léopold Sédar Senghor (premier président du Sénégal indépendant, de 1960 à 1980) a exprimé toute l’importance de la danse :
« En Afrique, c'est la danse qui est au commencement de toutes choses. Si le verbe l'a suivie, ce n'est pas le verbe parler, mais le verbe chanter, rythmer. Danser, chanter, porter des masques constituent l'art total, un rituel pour entrer en relation avec l'indicible et créer le visible ».

Les traditions dans la danse

Les danses en Afrique reposent sur le cercle, symbole de vie à la fois spirituelle et temporelle ; on peut y différencier trois types de cercles : « Le Gla », qui symbolise le spirituel, est le cercle le plus petit à l’intérieur duquel sont exécutées les danses sacrées ; c’est le domaine des initiés qui portent le plus souvent des masques. « Le Caillo » est le cercle intermédiaire dans lequel les danses ont pour fonction la transmission ; ce sont des danses initiatiques codifiées qui obéissent à des règles dictées par la tradition. « Le Glo », cercle le plus large, symbolise le monde et traduit la convivialité, le défoulement, la fête ; il est utilisé pour les danses populaires et permet un grand nombre de participants. Ces trois catégories correspondent donc à un stade différent de spiritualité qui se transmet du centre vers la périphérie.

Rythmes et musique

Il est impossible de dissocier la danse de la musique dont les rythmes traditionnels s’appuient principalement sur des percussions. Celles-ci sont au service des danseurs ; l’improvisation créatrice vient du danseur seul et il appartient donc aux batteurs de suivre les pas du danseur. Une des percussions les plus traditionnelles utilisées au Sénégal est le Sabar. A l’origine instrument des griots Wolof, Lébou et Sérère, et désormais le plus populaire au Sénégal, il se décline en plusieurs types, le Tungune, le Mbëng-mbëng, le Nder, le Gorong-mbabas ou le Thiol, qui contribuent à former l'ensemble des gammes de sons, du plus aigu au plus grave. L’une des percussions les plus originales est le Tama qui s’utilise avec une baguette ; c’est l’une des plus populaires en solo, notamment dans la mbalax.

Le Sabar
La danse la plus typique du Sénégal porte le nom d’une percussion, le «Sabar» qui désigne également la danse et la fête. Rythmé sur cinq temps, le Sabar est généralement exécuté par les femmes qui s’élancent à tour de rôle au centre du cercle formé par les participants. Un dialogue intime s'établit alors entre la danseuse et le batteur à qui il appartient de suivre le pas de la danseuse. Certains Sabars tels que « Le Kaolack » (nom d’une ville) ou le « Tieboudjen » (plat sénégalais) sont réservés aux hommes. Certaines ethnies pratiquent toujours des Sabars à caractère sacré. Ainsi le « Ndëpp » qui est une danse d’envoûtement chez les Lébou ou le « Manotche » dansé par les nouveaux circoncis chez les Ballante, lors des fêtes de Kassak, sont des danses encore pratiquées de nos jours.

La danse et la musique sont donc omniprésentes au Sénégal. Ces moments de fête ont lieu dans les cours des maisons ou dans la rue et peuvent alors bloquer tout un quartier. Ils sont le plus souvent organisés par les femmes qui font appel à des musiciens pour donner les mouvements des danses. Les rythmes et les danses s’enchaînent de façon très codifiée, l'ordre d'exécution des rythmes indiquant le début et la fin de la fête. Si vous êtes témoins de ce genre de manifestations n’hésitez pas à y participer ! Elles sont ouvertes à tous et vous serez peut-être, le temps d’un mouvement, le « clou » du spectacle.


« Avec plus de force que le geste, plus d'éloquence que la parole, plus de richesse que l'écriture, parce qu'elle exprime ce que l'être ressent au plus profond de lui-même, la danse est un langage qui se suffit à lui-même ». Alphonse Tierou



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