SenegalPass lutte traditionnelle sérère - laamb
Nom d’utilisateur:  Mot de passe:    [ ]
 
Senegal-Pass
Passerelle
culturelle entre
le Sénégal
et la France.
Les Ethnies du Sénégal


Le nombre important d’ethnies présentes au Sénégal rend le paysage social assez complexe mais lui apporte une grande richesse culturelle. A celles traditionnellement installées au Sénégal, viennent s’ajouter de nombreuses communautés arrivées au gré des guerres et des migrations de populations.


Paysage culturel du Sénégal

Aujourd’hui on dénombre plus d’une vingtaine d’ethnies qui elles-mêmes se subdivisent en sous groupes parlant des dialectes très différents les uns des autres. Pour exemple la communauté Diola (Joola) qui représente environ 10% de la population et que l’on retrouve principalement en Casamance et dans les pays limitrophes, Gambie et Guinée-Bissau, peut se subdiviser en six groupes principaux : les « Fogny » que l’on retrouve vers Baïla, les «Essil» plus spécifiquement vers Thionk, les «Floup» de Oussouye, les «Karolinka», les «Ering», ou encore les « Bayot » dans le sud.

Les Peulh représentent l’ethnie la plus importante en Afrique de l’ouest où ils sont répandus et disséminés. On les trouve au Sénégal (5% de la population) mais également en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Nigéria, au Tchad, au Burkina, en Guinée, en Sierra-Léone, au Libéria et même jusqu’en Centrafrique ou au Cameroun.



Une des plus anciennes ethnies du Sénégal : Les Sérères


Pour les historiens, les sérères sont originaires de l'Egypte Antique d’où ils ont migré pour la vallée du fleuve Sénégal où ils cohabitaient avec les halpoulars. De croyances animistes ils vont fuir l’islamisation de cette région ainsi que la sècheresse au XIIème siècle pour s’implanter définitivement dans la région du Sine-Saloum où ils ont créé les deux royaumes sérères, le Sine et le Saloum.
Au XIXème siècle, les sérères se retrouvent sous l’influence des missionnaires catholiques et bénéficient d’un enseignement de grande qualité dans de nombreuses écoles privées catholiques aussi efficaces que prestigieuses créées par les différents diocèses. Leur taux d’alphabétisation est le plus élevé du pays, il est donc tout naturel de les retrouver aujourd’hui à la tête de grandes entreprises ou à des postes importants de l’administration.

Ils forment la deuxième ethnie du Sénégal après les Wolofs auxquels leur langue est apparentée. Les Sérères sont unis par un lien de cousinage avec les Toucouleurs appelé « parenté à plaisanterie » (Kalir ou Massir) qui leur permet de se critiquer entre eux, mais aussi les oblige à l'entraide et au respect mutuel. Ils entretiennent également un lien de cousinage avec les Diolas avec qui ils ont une parenté très ancienne. Vous pourrez peut-être reconnaître un sérère par sa grande taille élancée et ses traits fins.

A l’origine ce sont des paysans sédentaires, prudents et économes qui se méfient des changements et qui ont su, alors que de nombreux paysans adoptaient la monoculture de l’arachide, continuer à pratiquer l’agriculture de subsistance. Ils ont ainsi mieux résisté aux fluctuations du marché et sont de nos jours les principaux producteurs d’arachide et de mil du pays. Ils ont conservé leurs traditions animistes qui rythment encore aujourd’hui leur vie.

Historiquement les Sérères ont un passé prestigieux de guerriers, c’est sans doute pour cela qu’ils sont à l’origine du sport national « la lutte sérère » et qu’ils sont nombreux à inscrire leurs noms dans les tournois de Mbapatt aux cotés de très bons lutteurs Diolas.



Village Serrere


Une importante communauté Wolof


Bien que non majoritaires en Afrique, ils sont néanmoins les plus représentés au Sénégal où ils totalisent près de 35% de la population. Cette forte présence leur a permis à partir de 1960, c'est-à-dire dès l’indépendance (le 4 avril 1960), d’imposer leur dialecte comme langue usuelle et, même si le français reste la langue nationale, le Wolof est désormais la langue de la rue et la plus parlée au Sénégal.

On trouve les Wolof sur l’ensemble du territoire, en particulier au nord d’une ligne Dakar-Tambacounda et le long du littoral de Dakar. Si vous rencontrez des familles NDIAYE, SALL, MBACKE, DIAGNE… vous saurez à l’évidence que ce sont des Wolofs. Ils sont traditionnellement cultivateurs sédentaires et les premiers producteurs d’arachide du pays. Certains d’entre eux peuvent être également commerçants et, à ce titre, on les retrouve dans des boutiques de toutes les régions du Sénégal. Si l’on peut constater que, malgré leur importance dans la population, peu de Wolofs ont occupé des postes stratégiques au Sénégal, il faut noter que l’actuel président Abdoulaye WADE, réélu pour un deuxième septennat le 25 février 2007, est d’origine Wolof.

Nous ne pouvons pas parler des Wolofs sans faire allusion aux Lébou qui représentent 7% de la population. Bien qu’étant une ethnie à part entière, cette communauté de pêcheurs, originaire principalement de la presqu’île du Cap Vert et de la région de Saint Louis, est communément apparentée aux Wolofs.
Les Wolofs sont accueillants et les femmes savent honorer leur réputation de cuisinières hors pair. Nous vous conseillons d’ailleurs de goûter aux rares desserts sénégalais que sont le Fondé et le Lakh, recettes d’origine Wolof.

Vous n’avez donc pas le choix, vous ne pouvez séjourner au Sénégal sans apprendre quelques mots ou expressions Wolofs...



Les Peulhs l'ethnie la plus représentée de l'Afrique de l'Ouest


Femmes Peulhs


Plus de 10 millions d’individus sont répartis en Mauritanie, Guinée, Nigeria, Cameroun mais aussi au Mali, au Tchad, au Libéria, au Niger ou au Burkina Faso… et évidemment au Sénégal où ils représentent 5% de la population. Cette communauté est l’un des trois groupes ethniques (avec les Toucouleurs et les Sarakolés), qui ont contribué à l’islamisation d’une partie du Sénégal. A l’origine, ils avaient la peau claire mais au fil des métissages des teints variés sont apparus. Leur silhouette est longiligne, les cheveux lisses, les traits fins et les yeux en « amande ». Ce sont avant tout des nomades venus du Ferlo et de la vallée du fleuve Sénégal, et si, selon les historiens, on en fait des descendants d’Egyptiens, d’Ethiopiens voire d’Indiens, ils n’en sont pas moins maintenant une ethnie davantage présente en Afrique de l’ouest. Les Peulhs pratiquent leur langue homonyme qu’on appelle aussi Pulaar ou Fulfulde principalement dans la région de Fuuta Toro, celle-ci se déclinant en de multiples dialectes.

De nos jours encore, les Peulhs restent des nomades qui vivent de l’élevage de zébus qu’ils vénèrent. Ils n’abattent jamais leur bétail et l’importance de leur troupeau leur confère un certain prestige. Mais les conditions climatiques changent, la population augmente et beaucoup se sédentarisent et exercent maintenant d’autres métiers tels que coiffeur, artisan tailleur, boutiquier ou encore chauffeur de taxi. La vie des Peulhs est dictée par le Pulaaku (littéralement « être Peulh »), un règlement moral et social censé définir le comportement idéal à adopter pour être Peulh. C’est un peuple de fierté, de générosité, droiture et sens de l’honneur.
Si le Pulaaku est d’une trop grande subtilité pour être traité ici en quelques lignes, notons cependant que celui-ci souligne l’importance du respect de l’aîné et de la politesse envers tous (l’usage du vouvoiement est très répandu), son code de conduite peut se résumer en trois valeurs : l'intelligence, la réserve et la pudeur. Le Pulaaku révèle que les Peulhs, comme bien souvent dans la civilisation africaine, n’aiment pas être confrontés à leur image aussi bien sous la forme photographique que cinématographique.

Bien que pratiquant l’Islam, les femmes Peulhs ne portent pas le voile. Quant à l’excision, elle semble davantage dépendre du contexte familial et est en voie de régression.
Vous reconnaîtrez un Peulh non seulement à son physique mais aussi à son patronyme. Il s’appellera Ba, Diallo, Diaw, Sow, Dioum……



Les Diolas gardiens des rites ancestraux



Danses Diolas


La plupart des Diolas sont agriculteurs et cultivent essentiellement du riz et des palmiers dont ils extraient l’huile et avec la sève, préparent le célèbre vin de palme : le Bunuk.
Très attachés à la terre et à la nature, ils sont respectueux des valeurs ancestrales et des traditions mais il faut noter qu’il n’existe pas de griot chez les Diolas. Ils ont l’esprit communautaire et chaque village est régi par le conseil des anciens qui prend toutes les décisions importantes.

Les Diolas sont fiers de leur identité. Leur sens très aigu de la liberté et de l’indépendance a entraîné leur refus de collaboration avec les esclavagistes ainsi que leur opposition à tout enrôlement de force lors des grandes guerres mondiales.

Ils sont en majorité catholiques bien que de plus en plus de Diolas se convertissent à l’Islam, mais ils conservent leur croyance animiste et ils vénèrent de nombreux génies protecteurs auxquels ils consacrent des rites de prières, d’offrandes et de sacrifices. Certaines cérémonies sont réservées aux femmes comme l’Ekagnalen pour la fécondité. Lors de ces rites, les danseurs portent des masques et des costumes qui symbolisent l’incarnation des esprits. Aidés par la musique et la danse, les animistes entrent en transe pour capter la force vitale d’un ancêtre car les Diolas croient en la persistance de l’esprit après la mort.
Toutes ces cérémonies ont lieu dans les « bois sacrés », certains réservés aux femmes et d’autres aux hommes mais dont l’accès est inaccessible aux non-initiés. Le rite d’initiation est lié au passage de l’enfance à l’âge adulte et font l’objet de festivités.
Les enfants sont donc initiés pour participer à la vie religieuse et être utiles à la communauté.
Autre cérémonie très importante, le Kahat qui a lieu avant le mariage où on circoncise le jeune homme pour éliminer symboliquement toute féminité.
Ce sont les femmes qui sont les gardiennes de ces bois sacrés qui abritent les fétiches (boechins), objets aux vertus bénéfiques contenant des éléments magiques et qui sont des remparts spirituels contre le mal de tout genre.

Une des particularités du Diola est le langage sifflé qui permet d’augmenter la portée à distance du message.



Cohabitation et mixité

Officiellement environ 90 % des Sénégalais sont musulmans et 10 % sont chrétiens (Source Wilkipedia), mais on peut affirmer qu’une partie non négligeable de la population pratique une religion traditionnelle. Ainsi l'animisme reste la religion officieuse d’une majorité de Sénégalais, avec ses fêtes et ses rites ancestraux autour des esprits et des ancêtres. Rares sont les Sénégalais qui ne portent pas de gris-gris préparés par un marabout ; un tour au marché Tilène de Dakar vous permettra de vous faire une idée de tout ce qui est vendu comme amulettes, gris-gris ou ingrédients magiques en tout genre.
Les Wolofs ne dérogent pas à la règle : près de 95% d’entre eux sont de confession musulmane et ils constituent la majorité des Talibés de la confrérie mouride.



Promotion electorale

Photo d'un panneau électoral lors de la campagne présidentielle de 1993
ou Abdou Diouf avait battu Abdoulaye Wade avec 63% des suffrages exprimés……
On remarque ici l’importance des ethnies avec le slogan incitant les Sénégalais
à prendre une carte d’électeur. Il est repris en 6 dialectes différents.




*Proverbes sérères :
« Ndiiƌ o xaa nu mbydaay/yiif-um o xaa no ngaaf »

Le petit oiseau est perché sur le fromager, mais son esprit est sur l’épi de mil.


*Proverbe Wolof :
« Ku dul toxu doo xam fu dëkk neexe »

Si tu ne changes pas de place, tu ne peux pas savoir quel endroit est agréable.


*Proverbes Peulh :
Il faut creuser les puits aujourd'hui pour étancher les soifs de demain.
Ce qui est plus fort que l'éléphant c'est la brousse.
Si tu n'as pas ce que tu veux, il faut aimer ce que tu as.


*Proverbe Diola :
« HULIM ANAHAAN ANOOLIIT TIYAN »

La parole de l'ancien ne dort pas à la belle étoile




Chaque trimestre notre guide papier "SénégalPass"
vous fait découvrir une Ethnie présente au Sénégal


version imprimable Créer un pdf pour cette news

Mansa - produits sénégalais